5 conseils pour une ambiance sonore confortable

L’environnement sonore participe au confort et à la productivité des collaborateurs. Denis Bozzetto, président du Cinov, prodigue cinq conseils pour une acoustique de qualité.


Avec la multiplication des open spaces, les entreprises sont souvent confrontées à des problématiques acoustiques. En cause notamment, les discussions téléphoniques, professionnelles ou informelles, ainsi que les bruits d’équipements techniques ou des claviers d’ordinateurs. Des gênes auditives qui s’avèrent accentuées par une réverbération excessive, une mauvaise isolation des locaux bruyant tels que les salles de réunions ou, à l’inverse un bruit de fond trop faible qui exacerbe les autres sons.

L’étude « Bruit au travail, santé auditive et risque psychosociaux » réalisée en octobre dernier par l’institut Ifop pour l’association JNA (Journée nationale de l’audition) dévoile ainsi qu’un actif sur deux se dit gêné par le bruit et les nuisances sonores au travail, toutes classes socioprofessionnelles confondues. Le coût social du bruit en France est d’ailleurs évalué à 57 milliards d’euros par, dont 18 milliards en milieu professionnel.

Au-delà de la gêne, l’environnement sonore peut-être pour les salariés source de fatigue, de stress, de perte d’attention, de maux de tête. Il peut mener à la perte de productivité, l’absentéisme, voire même à l’accident du travail ou, dans les cas extrêmes, à une surdité professionnelle.

Des solutions pertinentes et complémentaires

Il existe aujourd’hui de nombreuses solutions pour améliorer ou corriger une acoustique déficiente. Même si nous ne rappellerons jamais trop qu’une bonne acoustique devrait toujours se penser en amont du projet de construction ! C’est à ce moment que l’acousticien devrait entrer dans la boucle… Car en la matière, prévenir est beaucoup plus simple, efficace et économique que guérir ! Hors, ces derniers ne sont pas assez sollicités  par les maitres d’œuvre. Mais si toutefois cette étape est déjà derrière vous, voici 5 conseils clés, divulgués par Denis Bozzetto, directeur général d’Acouphen (société d’ingénierie acoustique et vibrations du bâtiment, des transports et de l’environnement) et président du Cinov Giac (syndicat regroupant des ingénieurs-conseils et des bureaux d’études indépendants, spécialisés en acoustique dans les secteurs du bâtiment, de l’environnement, de l’industrie, de la formation et de la recherche).

Denis Bozzetto Acouphen – ingénierie acoustique

1. comprendre l’usage

La discussion avec le maître d’ouvrage et les utilisateurs est le point le plus important afin de trouver, par espace, le parfait équilibre entre trop et pas assez de bruit. « Il faut savoir précisément quels sont leurs activités, leurs motivations et leurs objectifs. Dans l’idéal, il faut d’ailleurs coupler le travail de l’acousticien avec celui d’un ergonome. »

2. organiser les espaces

Deuxième impératif, avant de chercher des solutions de correction ou d’amélioration acoustique : travailler sur l’organisation des locaux autant que possible. « Il ne faut pas concentrer trop de personnes dans un même open space et prévoir des aménagements complémentaires tels que des espaces de détente, des salles de réunions, voire de « mini-réunion  »  afin de permette à deux ou trois personnes, quand elles ont un point à traiter, de ne pas le faire au milieu de l’open space. »

3. opter pour les produits adéquats

En termes de solutions produits pour améliorer l’absorption, limiter le phénomène d’écho ou au contraire permettre une bonne diffusion de la voix et/ou réduire le rayon de compréhension de la parole, l’ensemble des solutions déployées doit être cohérent et complémentaire. « Il est primordial de réfléchir à la pertinence des solutions choisies afin de ne pas faire de mauvais investissement. Par ailleurs, penser qu’un faux plafond seul, même performant, suffira à assurer une acoustique de qualité est une erreur courante et désastreuse. Le traitement doit être homogène et complet. » Il existe pour cela de nombreux produits. D’abord en termes de revêtements de sol, de mur et de plafond, à travers des matériaux fibreux et à structures ouvertes (faux plafonds perforés, panneaux ou îlots suspendus, PVC tendus, moquettes, cloisons, panneaux muraux, sous-couches acoustiques en mousse posées sous les revêtements de sol ou muraux…). La solution qui consiste à créer un masquage sonore permet aussi une prise de conscience de l’impact collectif et comportemental en espaces partagés. Ensuite avec le mobilier du bureau, aujourd’hui proposé en version acoustique avec des feutres ou des mousses comme les caissons, les armoires, les fauteuils, les étagères, les cloisonnettes ou encore les séparateurs d’écran. Enfin avec la mise en place de bulle ou de cabine acoustique, équipée de matériaux absorbants, ou de produits permettant d’encoffrer les appareils techniques bruyant comme les imprimantes ou les photocopieuses, ou de créer des lieux d’échanges insonorisés.

4. Penser à l’avenir !

Pour assurer la pérennité des investissements, il faut penser à des solutions flexibles et mobiles comme des mini-cloisonnettes ou des murs rideaux mobiles afin de répondre à l’évolution régulière des espaces de bureau.

5. Se limiter aux références certifiées

Votre choix doit se restreindre aux seuls références certifiées, c’est-à-dire dont les propriétés acoustiques ont été évaluées en laboratoire, suivant un cahier des charges bien établi, avec des conditions de mise en œuvre précisées. « Un panneau absorbant collé directement contre le mur ou avec un espace vide entre les deux n’aura pas les mêmes propriétés acoustiques. Pour une solution performante, la mise en œuvre est aussi importante que la qualité du produit. »

 


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Le Cinov en bref

Créé en 1990, le syndicat CINOV GIAc regroupe des ingénieurs-conseils et des bureaux d’Etudes indépendants, spécialisés en acoustique dans les secteurs du bâtiment, de l’environnement, de l’industrie, de la formation et de la recherche. Avec plus d’une centaine de membres, le GIAc représente la profession auprès des pouvoirs publics et des autres partenaires et participe à l’élaboration des textes réglementaires et normatifs. Les professionnels s’y unissent pour convaincre les maîtres d’ouvrage, les architectes et les bureaux d’études de l’importance de l’acoustique pour leurs clients et  de la pertinence des conseils formulés.

 

 

 

 

 

 

 

 

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