Affaiblis par le Covid-19, 80% des tiers-lieux pourraient fermer à court ou moyen terme

Espaces de coworking, fablabs, repair’cafés, fabriques de recherche, friches culturelles… les tiers-lieux ont compté parmi les premiers impactés par la crise sanitaire. Alors qu’ils offrent un espace de travail convivial où la collaboration et le networking sont les maîtres-mots, ces bureaux collectifs ont été contraints de fermés durant la pandémie. Une situation qui n’a pas tardé à laisser entrevoir ses premières conséquences. Selon les résultats de l’enquête Les tiers-lieux face à la crise du Covid-19 menée par l’association France Tiers-Lieux, 80% de ces espaces se sentent en danger à court ou moyen terme, dont 20% de manière immédiate. Malgré le dispositif d’activité partiel largement sollicité par 35% des tiers-lieux de l’Hexagone et le système de report des charges auquel ont recourru 25% d’entre eux, le bilan reste préoccupant. L’estimation des pertes engendrées laisse prévoir une perte de chiffre d’affaires global de 111,5 millions d’euros sur les prévisionnels 2020 pour les 1 800 tiers-lieux français.

Seul un tiers-lieu sur trois était bénéficiaire avant la crise

Leur modèle économique qui, en France, n’a pas encore atteint le point d’équilibre a sans doute eu sa part d’importance dans cette situation délicate. En effet, 55% des tiers-lieux interrogés ont au moins un crédit en cours de remboursement, ce qui impacte d’autant plus leurs charges mensuelles. Qui plus est, la moitié d’entre eux de disposaient pas plus de deux mois de trésorerie en réserve au mois d’avril 2020, lors de réponse au sondage. Plus de 60% déclaraient alors n’avoir reçu aucune proposition de solution de leurs financeurs publics comme privés.

Malgré le contexte, les tiers-lieux ne sont pas restés inactifs durant la crise. 90% d’entre eux ont déployé des actions de solidarités, en particulier dans les territoires reculés. Production de matériel médical, continuité pédagogique, solidarité numérique ou sociale, livraisons de course et même relais alimentaires… ils ne manquaient pas d’idées orginales pour assurer leur rôle d’acteurs du « vivre ensemble ».

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