Au travail, les français plus attachés au contact humain que leurs voisins européens

© Charles Deluvio – Unsplash
De concert avec Censuswide, Sharp a mené une étude, à l’échelle de l’Europe, sur les priorités et attentes des salariés vis à vis du bureau du futur. Davantage touchée par le phénomène du travail à distance, la jeune génération est le reflet des nouvelles préoccupations post-pandémie.

En Europe, plusieurs signaux passent au vert : l’épidémie de Covid-19 recule. Le travail hybride, induit par la crise sanitaire, s’installe quant à lui durablement dans les méthodes de travail en entreprise. Les réponses des 6000 employés de PME interrogés révèlent qu’il existe pourtant des attitudes différentes face au retour au bureau. La différence la plus notoire est certainement celle de la France vis à vis de ses voisins européens : quasiment 9 français sur 10 s’accordent sur le besoin de lien social comme le socle du travail hybride, tandis que la possibilité de travailler à des horaires flexibles est la priorité des Polonais (71 %) et des Britanniques (63 %). Loin de vouloir retourner au modèle hebdomadaire du métro-boulot-dodo, les salariés français estiment que le fait de rencontrer et d’échanger régulièrement avec des collègues participe de leur bien être et d’une collaboration efficace.

© Sharp & Censuswide – Future of work

La génération Z risque de perdre pied

La nécessité d’équilibrer le temps passé au bureau et à distance semble mettre d’accord les professionnels européens. Pour autant, l’étude révèle que, sur ce sujet, les points de vue divergent d’une génération à l’autre.

47 % des 38-45 ans pensent que leur employeur devrait proposer des horaires flexibles, mais ce chiffre tombe à 36 % pour les personnes qui viennent d’entrer sur le marché du travail et de s’établir (21- 24 ans). Les collaborateurs plus âgés se souviennent probablement de l’inflexibilité du travail d’autrefois et exigeront cette flexibilité.
Les jeunes générations acceptent les options de travail flexible comme une évidence ; elles ne travailleront tout simplement pas pour une entreprise qui ne les propose pas.

Viola K. Kraus, psychologue munichoise spécialisée dans l’avenir du travail

Le besoin de sociabiliser et d’avoir des repères dans l’environnement de l’entreprise est un phénomène sur lequel se rejoignent les jeunes européens. Un modèle entièrement à distance, comme cela a été le cas pendant un an, a provoqué une démotivation des jeunes salariés, en particulier chez les moins de 25 ans (identifiés comme la génération Z). Au même titre que les besoins technologiques pour collaborer, cette génération incarne une attente vis à vis de l’employeur de s’occuper davantage du bien-être mental de ses employés. Cela passe nécessairement par les relais que sont les managers et leur capacité à soutenir l’équilibre entre la vie personnelle et professionnelle. « La structure rigide du travail est en train de changer, tout comme le sentiment que les gens ont besoin de sentir qu’ils progressent, et ce, parce que les choses changent si vite de nos jours, nous envisageons quelque chose de différent que l’échelle de carrière traditionnelle.», analyse Viola K. Kraus. Très conscientes des technologies émergentes et de leur impact potentiel sur le travail, les jeunes générations semblent avoir besoin que leurs aînés partagent leur connaissance du monde de l’entreprise. C’est l’un des points que souligne l’étude : plus que l’équipement technologique, le dialogue intergénérationnel sera décisif pour la pérennité du travail hybride.

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