[Avis d’expert] Adapter l’éclairage aux besoins de chacun

La composante éclairage devient un élément primordial dans la notion de confort et d’ergonomie des utilisateurs. La principale difficulté en la matière réside en la personnalisation de la lumière sur le poste de travail tout en gérant de manière globale les espaces et notamment les open spaces. Chaque utilisateur aimerait crée son ambiance en fonction de sa sensibilité et son rythme biologique alors que la gestion de l’éclairage est encore vue de manière globalisée.


La principale norme est celle du Code du travail qui demande un niveau d’éclairement de 300 lux sur le poste de travail. Pourtant, une récente étude publiée en 2017 par le CEREN alerte sur le fait que « pour 25 à 30 % des postes de travail, l’éclairage géné-ral ne permet pas d’atteindre les 300 lux recommandés ». Une situation d’autant plus dommageable qu’en la matière, il fau-drait plutôt faire plus que ce que le Code du travail exige ! En effet, les codes de bonne conduite veulent que l’on applique la EN 12-464-1 régissant l’éclairage dans les lieux de travail intérieurs. Les critères y sont beaucoup plus précis et nombreux car ils impactent les notions de niveaux d’éclairement du poste de travail et son environnement, ainsi que la qualité de la lumière et le confort visuel.

Par ailleurs, les normes permettent d’être garant de certains critères qualitatifs mais ne font pas un projet d’éclairage dans son ensemble. Certains critères liés à la per-ception et au bien-être des utilisateurs n’y apparaissent pas. Or, il est par exemple absolument nécessaire de bien respecter la courbe de Kruithof qui régit la tempéra-ture de couleur à respecter en fonction des niveaux d’éclairement. Les conséquences d’un mauvais éclairage peuvent aller jusqu’à des troubles sensoriels de type maux de tête, nausées, voire des vomissements dans les cas extrêmes. Cela sans compter l’im-pact sur les cycles de sommeil qui peuvent être perturbés.

L’évolution du marché et des équipements

Le marché tend à évoluer selon 2 axes : le premier est l’individualisation des ambiances lumineuses de travail en fonc-tion des besoins et attentes de chaque uti-lisateur, le second est l’intégration de sys-tèmes dit Smart Lighting permettant de contrôler la lumière de manière globale tout en pouvant agir de manière individuelle.

Les bonnes pratiques à mettre en œuvre pour favoriser une bonne qualité d’éclai-rage sur le poste de travail sont d’une part de bien prendre en compte l’ensemble des critères normatifs, de les coupler avec les règles d’éclairagisme évoquées précédem-ment dans l’objectif de répondre à la fois aux besoins utilisateurs tout en rentrant dans les objectifs d’optimisation d’exploi-tation des bâtiments (consommation éner-gétique et maintenance).

L’éclairage collectif (ou global) permet d’avoir une base légale minimum assurée. En parallèle, l’éclairage individuel permet d’apporter le complément nécessaire sur l’espace de travail tout en étant modulable (si les postes bougent, la lumière suit). La perception de la lumière varie en fonction de nos sensibilités, nos capacités visuelles et nos cultures. Donc, la lumière parfaite « universelle »  n’existe pas, elle devient donc parfaite à partir du moment où les utilisateurs peuvent eux-mêmes agir sur les réglages de l’intensité lumineuse et la température de couleur afin de la réguler en fonction de leurs critères objec-tifs et subjectifs. L’idéal étant de pouvoir   en varier l’intensité mais aussi la température de couleur. En effet, il a été prouvé que la lumière agit comme un synchronisateur de notre horloge biologique. Elle régule nos phases d’éveil et de sommeil.

 

L’auteur

Christophe Luquet est le co-fondateur de l’agence Dynalighting, spécialisée en conception et ingénierie lumière. Leur métier : concevoir des concepts éclairage prenant en compte les attentes et besoins des utilisateurs, créer une expérience sensorielle et mettre en valeur des produits ou magnifier des éléments architecturaux. Le tout dans un respect des contraintes normatives, dans l’optimisation des consommations énergétiques et la pérennisation des installations dans le temps.

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