[Avis d’expert] Comment choisir un papier éco-responsable ?

Grâce aux multiples avancées technologiques effectuées dans le secteur de l’industrie papetière, plusieurs options s’offrent désormais dans le choix des papiers pour mener à bien une politique d’achat éco-responsable. Les conseils des experts Inapa. 


S’engager dans une démarche de développement durable en répondant aux besoins réels des sociétés sans compromettre le capital des générations futures, telle est la nouvelle mission des décideurs achats dans le cadre d’une politique d’achats éco-responsable. Dans un contexte où le papier occupe, aujourd’hui encore, une place prépondérante dans le monde professionnel et personnel, il est primordial de bien définir ses besoins tout en prenant en compte les impacts environnementaux tout au long du cycle de vie du produit. Plusieurs points doivent être pris en considération : les certificats et labels des produits, l’origine de la pâte ainsi que l’utilisation finale du support.

Privilégier les papiers certifiés et labellisés

Les certifications associées à la gestion durable des forêts, FSC® et PEFC sont deux systèmes de certifications à l’initiative de professionnels de la forêt et du bois prenant en compte différents critères tels que l’économie, l’action sociale et environnementale. L’apposition de l’un de ces deux logos sur le papier choisi garantit au consommateur un produit issu de sources responsables participant à la gestion durable des forêts et agissant pour la préservation de la ressource forestière, le maintien de la biodiversité, le respect des résidants et travailleurs ainsi que le maintien de l’équilibre entre production, environnement et population locale. À savoir que 14 % des forêts mondiales sont certifiées. 180 millions d’hectares sont certifiés FSC® et 250 millions sont certifiés PEFC. En France, 32 % de la forêt est certifiée avec 1 million d’hectares FSC® et 16 millions d’hectares sous la certification PEFC. Afin d’assurer une traçabilité fiable, cette certification sera attribuée aux exploitants forestiers, aux transformateurs et fabricants, aux distributeurs et aux imprimeries. Les écolabels environnementaux sont attribués aux papiers ayant un impact environnemental moindre durant l’intégralité du cycle de vie du produit. Ainsi les papiers porteurs de l’Ecolabel Européen et du Nordic Swan font partie des papiers les plus vertueux pour l’environnement. Quant aux labels de recyclage, ils garantissent que le papier est composé d’un pourcentage minimum de fibres recyclées, à savoir 60 % minimum pour APUR, 80 % pour la certification Ange Bleu et 75 % de pâte recyclée pour Nordic Swan. La boucle de Moebius garantit quant à elle que le produit est recyclable, ou précise le taux de matières recyclées contenues dans le produit si ajout d’un pourcentage en son centre. En complément de ces critères environnementaux, il convient aussi d’être attentif aux techniques de blanchiment de la pâte. Le Chlore Elémentaire (chlore gazeux) ayant des effets toxiques négatifs sur l’environnement, son utilisation est désormais remplacée par deux autres procédés permettant de réduire très nettement la toxicité du traitement. ECF « Elemental Chlorine Free » dépourvu de chlore élémentaire et TCF « Totaly Chlorine Free », totalement sans chlore. Ces deux procédés étant validés par l’écolabel européen.

Connecter les collaborateurs par la lumière

Le papier fabriqué à partir de fibres recyclées est issu des papiers récupérés et triés. Le papier n’est plus voué à devenir un rebut mais une matière première à part entière destinée à être réintroduite dans son circuit de fabrication, permettant ainsi d’économiser les ressources naturelles (fibres vierges, eau), l’énergie et de diminuer le rejet de CO2. Selon Ecofolio, « fabriquer un papier recyclé permet de diminuer par trois sa consommation d’eau, par deux son besoin en énergie et de réduire d’environ 30 % l’émission de CO2 par rapport à la production d’un papier à pâte vierge ». Toutefois, la fibre n’est pas recyclable à vie car sa qualité s’amenuise au fur et à mesure des recyclages. On estime que celle-ci peut être réintroduite dans un nouveau cycle jusqu’à 5 fois. La fabrication du papier recyclé nécessite donc un apport régulier en fibres vierges pour maintenir sa qualité. La fibre vierge issue de forêts gérées durablement, principalement produite à partir de bois d’élagage, d’éclaircies de forêt et de chutes de scierie, est un gage de qualité haut de gamme et de conservation. Elle est également indispensable à la fabrication de la pâte recyclée afin de garantir la qualité du produit fini en raison de dégradation de la qualité de la fibre recyclée au fil des traitements de recyclage. Il n’y a donc pas un choix meilleur que l’autre, il n’est pas prouvé qu’un papier 100 % recyclé est plus vertueux qu’un papier pâte vierge, certifié et fabriqué sur le territoire européen. Mais l’État a promulgué une loi relative à la Transition Énergétique pour la croissance verte incitant ses services, les collectivités territoriales et leurs groupements, à voir la part du papier recyclé atteindre 25 % au 1er janvier 2017 et 40 % au 1er janvier 2020. L’autre part devant être issue de forêts gérées durablement.

Ne pas négliger la fonctionnalité du papier

Toutes les caractéristiques techniques précédemment citées permettront ainsi de satisfaire les demandes de consommateurs et acheteurs responsables souhaitant s’inscrire dans une démarche environnementale. D’autres critères sont également à prendre en compte, en fonction de l’utilisation finale du produit. Le grammage est le premier d’entre eux. Il est nécessaire de définir l’usage du papier pour déterminer le grammage le plus adéquat. Dans le cas d’une impression noir et blanc, l’arrivée de nouvelles fibres sur le marché tels que l’Eucalyptus, plus longues et plus rigides que d’autres fibres, permet d’avoir recours à des grammages plus faibles du standard 80 g/m² à savoir le 75 g ou le 70 g. Ainsi, sur la base d’une consommation annuelle de 1 000 tonnes, la substitution d’un 80 g/m² par un 75 g permet d’économiser 6,25 % du poids total (soit l’équivalent de 3 camions par an), 18 % de bois, 14 % d’eau, 23 % d’énergie et de réduire de 6 % la production de déchets. Passer à un 70 g permet d’économiser 12,5 % du poids total (soit l’équivalent de 5 camions par an), 23 % de bois, 20 % d’eau, 28 % d’énergie et de réduire de 13 % la production de déchets. Pour une impression couleur, le grammage a aussi toute son importance avec des papiers allant du 90 g au 350 g en fonction de l’application souhaitée : un document d’information interne ou de communication externe, un mailing, une plaquette, une invitation ou carte de visite, recto seul, recto-verso. La finition du papier aura aussi son importance sur le choix du support. L’industrie papetière continue d’investir en recherche et développement afin de répondre au mieux aux besoins des consommateurs avec l’arrivée de nouveaux produits, de nouveaux procédés améliorant les performances des produits en respect avec l’environnement. Pour plus de renseignements, les papetiers sont une source de conseils pour définir les politiques d’achats et respecter au mieux le cahier des charges fixé.

 

L’auteur

Fabrice Verdon est le directeur commercial office d’Inapa France, société spécialisée dans la distribution de papiers, consommables informatiques et graphiques, produits d’emballage et fournitures de bureau.

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