Combien coûte un poste de travail en 2018 ?

L’Arseg (Association des directeurs de l’environnement de travail) a réalisé une importante étude sur les charges liées à l’environnement de travail, grâce aux données collectées de plus de 120 sites tertiaires, soit plus de 2 millions de m² de bâtiment et près de 100 000 postes de travail. L’association analyse les grandes tendances et leurs causes ainsi que leurs évolutions possibles…

Toutes catégories confondues, le coût total de l’environnement de travail s’établit en 2018 (exercice 2017) à 15 136 €/poste de travail en moyenne (ou 784 €/m²). Ce résultat global est basé sur un périmètre de 22 catégories réparties en 5 rubriques (immobilier, exploitation technique, services et moyens, dont les voyages, et masse salariale de la direction environnement de travail). Premier constat en observant la répartition : la part des coûts d’occupation (loyers, taxes et assurances) reste toujours prédominante. Elle culmine à plus de 50 %. Deuxième pôle de coûts, les fournitures de moyens et d’équipements, portés majoritairement par les déplacements et voyages (15,5 %), pèsent eux pour plus de 24 % du coût moyen des bureaux. Enfin les charges liées à l’exploitation et les fournitures de services rendus aux utilisateurs s’élèvent respectivement à hauteur de 13 % et 8 %.

L’immobilier pèse toujours aussi lourd

Près de la moitié du coût global (hors déplacements) est consacrée à l’immobilier. Malgré un sursaut sur le dernier exercice, la famille des coûts d’exploitation a quant à elle connu une baisse importante ces quatre dernières années (-7,5 %) pour se situer à 96,5 €/m². On notera que les fluides représentent en 2018 près de 24 % de ces charges, devenant ainsi le premier pôle de coûts de l’exploitation technique. Le coût Buzzy Ratios des énergies cumulées par m² et par poste de travail a augmenté de façon constante d’environ 7 % ces quatre dernières années pour se situer à 23,3 €/m² sur le dernier exercice. L’autre baisse notable en exploitation est celle du ratio sécurité/ sûreté par m2 : celui-ci chute sur ces quatre dernières années (et ce malgré une légère remontée depuis les attentats), conséquence notamment de la baisse des prestations en personnel propre, d’un marché en souffrance (budget sécurité à la baisse) et d’un renforcement courant de matériel (vidéosurveillance…). Du côté des évolutions futures des coûts d’exploitation, le traitement des déchets, en légère hausse (de 30 à 35 €/ poste) est un poste dont le coût pourrait continuer à augmenter avec l’application progressive des nouvelles mesures (décret « 5 flux », gestion des biodéchets…).

La dématérialisation impacte les coûts des moyens

Le budget alloué aux services et aux moyens (courrier, restauration, accueil, déplacements, téléphonie, etc.) continue lui de baisser d’année en année, et 2017 ne fait pas exception : si la baisse n’est que de 1 % pour les services, elle est de près de 12 % pour les moyens. Sur une plus longue durée, les services et moyens ont collectivement baissé de presque 30 % en 10 ans ! Les explications à ces tendances sont à chercher dans certaines données exogènes (indices, réglementation, etc.) mais aussi dans l’évolution des pratiques des entreprises. Rappelons également que la tendance est toujours à la rationalisation, alimentée par des phénomènes de différente nature. En premier lieu, l’intégration constante des solutions numériques, qui permet de mieux maîtriser ses consommations et ses coûts. Au niveau des services, c’est le courrier qui semble ainsi être impacté par la dématérialisation des communications, au niveau du volume des plis expédiés.

Pour la planète

Parallèlement, la pression « sociétale » et réglementaire en matière d’environnement continue de se renforcer et induit la mise en place d’actions (pour les énergies, les transports, etc.). On constate ainsi une évolution à la baisse sur les charges liées à la mobilité (déplacement voyage et flotte automobile), bien aidée par les nouvelles politiques de déplacement professionnel, les outils numériques permettant à la fois une optimisation des déplacements et la possibilité de communiquer à distance (téléprésence, etc.). La baisse du coût global de l’environnement de travail s’explique donc par différents phénomènes… Mais n’empêche pas les directeurs de l’environnement de travail d’oeuvrer au quotidien à maximiser leur performance. Cette mission est un challenge d’autant plus important qu’elle s’effectue dans un contexte économique de compétitivité forte et dans le cadre d’évolution des modes de travail toujours plus changeants (mobilité, attentes renforcées des collaborateurs, etc.).

 

 

 

 

 

 

 

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