Désengagement de Softbank et confinement : l’avenir de WeWork est-il compromis ?

©Eloise Ambursley

Softbank ne soutiendra plus WeWork. Alors que le géant japonais de la tech s’était engagé en octobre 2019 à acheter pour trois milliards de dollars d’actions du leader des bureaux partagés, il est revenu début avril sur sa promesse. La crise sanitaire n’est pas pour rien dans cette décision : ce lundi, le groupe nippon a annoncé qu’il prévoyait des pertes importantes pour l’exercice annuel 2019/2020, clôturé le 31 mars. Il doit, par ailleurs, une partie de ses mauvais résultats à des investissements dans des sociétés connaissant actuellement de grandes difficultés financières, conséquences de la pandémie. Dans ce contexte, Softbank a jugé que les conditions n’étaient pas réunies pour réaliser cet investissement. Il a d’ailleurs mentionné les nombreuses enquêtes au civil et au pénal dont WeWork fait l’objet et qui ont participé à sa prise de décision.

La WeCompany en danger ?

De son côté, la startup n’accepte pas le désistement de son principal actionnaire à acquérir 80% de son capital alors même qu’il avait déjà engagé plus de 14 millions de dollars dans son plan de sauvetage et exigé la démission de son PDG : Adam Neumann. WeWork a donc déposé plainte contre Softbank le 7 avril. L’entreprise exige un dédommagement afin de compenser le désengagement de son ancien allié ou bien que ce dernier s’acquitte, comme prévu, de la somme convenue.

Lire aussi : WeWork, une croissance toute en contradictions

Il faut dire que cette nouvelle tombe mal pour la WeCompany dont le coronavirus met à mal l’activité. Les coworkeurs sont désormais en télétravail et les demandes de location ne se bousculent pas…  Aux États-Unis, certains locataires ont refusé de payer leur loyer tandis que d’autres ont cherché à mettre fin à leur contrat, révèle le Financial Times dans un article du 7 avril. Face à cette situation, le groupe avait décidé en début de crise et notamment à New York, de maintenir certains de ses espaces ouverts. Il offrait même une prime de 100 dollars par jour à ses salariés afin de les encourager à venir travailler.

La fin de la pandémie de Covid-19 éclaircira l’avenir de WeWork. À la sortie de la crise de 2008, de nombreux travailleurs licenciés étaient à la recherche de locaux partagés. Une situation qui avait participé à l’essor de la startup. Mais il se pourrait que celle-ci se termine différemment. Les entreprises ayant goûté aux avantages économiques du télétravail pourraient encourager leurs collaborateurs à rester plus souvent chez eux. Une généralisation du home office qui satisferait 62% des Français selon un sondage Deskeo, mais qui signerait aussi potentiellement la fin du règne de WeWork.

Article en lien