En Île-de-France, 20 % du parc de bureaux menacés par le télétravail

© Kasper Rasmussen

La réduction des surfaces de bureaux n’est plus un sujet tabou selon l’observatoire Xerfi Spécific qui vient de dévoiler les résultats d’une enquête réalisée auprès de 800 dirigeants d’entreprises entre février et mars 2021. Dans un contexte de généralisation de télétravail, l’étude cherche à mieux cerner l’impact des nouvelles organisations hybrides sur le marché de l’immobilier tertiaire.

Premier constat : près de 25 % des projets à venir de déménagement ou de réaménagement de locaux impliquent déjà une diminution des surfaces occupées. Par ailleurs, plus de 30 % des grandes entreprises envisagent de faire évoluer leur immobilier (12 % pour l’ensemble du panel), pour une surface équivalente ou plus petite. C’est également au sein de ces grandes organisations que le télétravail sera le plus développé : il devrait concerner 50 % des effectifs (31 % en moyenne) à une fréquence plus élevée que les autres entreprises.

La région francilienne devrait être la plus touchée par ces stratégies de réduction. « En extrapolant, les projections du télétravail dans deux ans sur les besoins en surfaces de bureaux, la baisse potentielle de la demande en Île-de-France pourrait atteindre 10 millions de mètres carrés, soit environ 20% du parc », estime le scénario le plus extrême des experts du cabinet d’études. Selon eux, plusieurs millions de mètres carrés pourraient ainsi être remis sur le marché avec un risque de hausse de la vacance, de pressions sur les valeurs locatives et la décroissance durable de la demande placée pour les acteurs de l’immobilier de bureaux.

Autre tendance mise en évidence par l’enquête : l’intérêt croissant des dirigeants pour les différentes solutions de bureau flexible. Les offres sans engagement (coworking, tiers lieux…) séduiraient ainsi 17% des grands comptes qui se déclarent prêts à basculer tout ou partie de leurs bureaux sous un contrat de prestation de services d’espace de travail en remplacement d’un bail commercial classique. Parallèlement, 35% des entreprises tertiaires et la moitié des grands comptes se disent intéressés par les surfaces opérées et celles de coworking au sein d’immeubles occupés. Quant au flex office, il est aujourd’hui le choix de 18% des entreprises de services et d’un tiers des grands comptes.

 

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