Et si le télétravail permanent était le futur de l’entreprise ?

Lade Obamehinti, responsable technique pour les logiciels AR/VR, au F8 2019.

Alors que Facebook encourage déjà ses salariés à travailler depuis leur domicile jusqu’en 2021 le fondateur du réseau social, Mark Zuckerberg, a annoncé que certains d’entre eux pourraient ne jamais revenir à leur bureau. Au cours des prochaines années, le géant de la Silicon Valley aura de plus en plus recours aux postes distants.

En prouvant aux entreprises que le télétravail pouvait fonctionner, le confinement imposé par les gouvernements avait déjà établi l’idée d’un home office plus répandu et plus régulier à l’avenir. Les leaders mondiaux de la tech, parmi lesquels Microsoft, Facebook et Google, s’imposent comme les grands gagnants de cette crise : leurs logiciels de collaboration se révèlent être, à l’échelle internationale, des outils essentiels à la construction du monde professionnel de demain. Il n’est pas étonnant que ces grands groupes aient été parmi les premiers à encourager leurs collaborateurs à rester chez eux jusqu’en 2021. Mark Zuckerberg, le fondateur et PDG de Facebook a franchi un pas de plus, jeudi 21 mai, en annonçant que l’entreprise rendait éligibles ses offres d’emplois sur le sol américain à des postes effectués à distance. Les nouveaux salariés pourraient ainsi travailler en permanence de chez eux. Cette décision s’étendra progressivement aux collaborateurs déjà présents.

« Dans cinq à dix ans, la moitié des effectifs pourraient travailler à distance »

« Nous allons devenir l’entreprise la plus avant-gardiste en matière de travail à distance à notre échelle, a déclaré le patron de Facebook dans une interview accordée au site américain The Verge. (…) Je pense qu’il est possible qu’au cours des cinq à dix prochaines années, la moitié de notre personnel soit exclusivement télétravail. » C’est là un changement notable de vision pour le géant de la Silicon Valley qui a réalisé d’importants investissements afin de construire des bureaux modernes stimulant l’innovation. Cette ambition du 100% télétravail apparaît également à contre-courant des enseignements tirés de cette période de confinement forcé qui a révélé les risques de démotivation, de désengagement et de mal-être provoqués par la perte des liens physiques entre collègues et managers. Les retours contrastés des télétravailleurs ces derniers mois semblent être, pour l’instant, défavorables au home office à temps plein.

Bientôt un bureau virtuel grâce à la réalité augmentée ?

Pour contrer ces arguments, Facebook compte sur les avancées de la réalité virtuelle. C’est avec cette ambition que l’entreprise a dévoilé le 22 mai, un concept de bureau virtuel permettant de travailler uniquement grâce à un casque ou une paire de lunettes adaptée.

 

Cette vidéo réalisée grâce à l’Oculus Quest confirme donc les ambitions du groupe. Le Facebook Reality Labs de Pittsburgh, en Pennsylvanie, travaille d’ailleurs sur la création d’avatars ultra-réalistes et personnalisés destinés à l’organisation de réunions via la réalité augmentée. Yaser Sheikh, le directeur de la recherche, a déclaré en mars dernier : « À l’heure actuelle, la proximité détermine avec qui nous avons des relations. La vraie promesse de la réalité augmentée et de la réalité virtuelle est de nous permettre de passer du temps avec qui nous voulons et de construire des relations significatives, peu importe où les personnes vivent. »

Bien entendu, Facebook n’est pas le seul à penser au télétravail permanent. Dans une interview également publiée sur le site du magazine The Verge, Sundar Pichai, PDG de Google et de sa maison mère Alphabet, a lui aussi, émis l’idée d’un travail à distance à temps plein. Il faut dire que les avantages sont nombreux pour les entreprises. Si Mark Zuckerberg assure que cette décision est le fruit d’un sondage mené auprès des salariés du groupe, il a aussi prévenu que le salaire serait calculé en fonction du coût de la vie de la région de l’employé. Impossible donc de conserver un salaire New-Yorkais tout en vivant dans le Kentucky. Une économie importante pour l’employeur renforcée par une plus grande concurrence entre les candidats qui ne se limitera plus à une ville ou région donnée, mais à l’ensemble du pays, voire, pourquoi pas un jour, au monde entier…

 

 

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