Et si les salariés en télétravail bénéficiaient d’une flexibilité géographique ?

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« Est-il temps de laisser les salariés travailler de n’importe où ? » s’interrogent trois professeurs dans la Harvard Business Review. Après avoir mené une étude sur le sujet, les experts livrent quatre conseils pour que la mise en place de ce « télétravail à flexibilité géographique » se déroule dans les meilleures conditions.

Mode de travail émergent aux États-Unis, le WFA, littéralement « Working For Anywhere » a été l’objet d’étude de trois professeurs – Prithwiraj Choudhury, Barbara Z. Larson et Cirrus Forough – dans la Harvard Business Review. Ce prolongement du télétravail se distingue de ce dernier par la possibilité, pour les collaborateurs, d’habiter dans une autre ville ou de voyager partout dans le monde tout en restant des salariés permanents d’une entreprise. Seule obligation : bénéficier d’une connexion internet afin de pouvoir effectuer ses tâches quotidiennes. Les experts constatent quelques avantages à ce mode de travail : les personnels en question déménagent le plus souvent pour une ville où le coût de la vie est moins élevé ce qui augmente leur niveau de vie sans frais pour l’employeur. De même, les salariés seniors bénéficiant d’une flexibilité géographique exercent plus longtemps, constate le rapport. De nombreux managers sont néanmoins plutôt réticents à adopter ce mode de travail d’une part car ils ne peuvent pas contrôler la productivité de leurs collègues et d’autre part par crainte de casser la collaboration entre les collègues. Afin de lever ces freins et pour que la mise en place de ce nouveau mode de travail se déroule dans les meilleures conditions, voici les quatre principales recommandations des chercheurs.

Plus de flexibilité, moins de contrôles

Accorder plus d’autonomie et de flexibilité au collaborateur qui travaille à distance est la clé. Tenter de microgérer son travail aura pour résultat l’effet inverse de celui escompté. « Accorder une plus grande autonomie peut réellement améliorer la productivité des employés », assurent les experts.

Mettre en place des outils de collaboration

Travailler à distance ne correspond pas forcément à une assurance professionnelle accrue. Certains salariés, même géographiquement éloignés, ont besoin d’approbations de la part de leur supérieur. Cela est particulièrement vrai pour les collaborateurs en début de carrière qui, lorsqu’ils échangent régulièrement avec leur responsable, augmentent leur productivité de 3%. Mettre à disposition des travailleurs des applications de collaboration et/ou de communication – comme une messagerie interne – serait donc une solution profitable.

Organiser des rencontres entre salariés

La distance géographique peut être source d’isolement ou de désengagement de la part des salariés. Pour contrer ces phénomènes, il peut être utile d’organiser des rencontres entre collaborateurs qu’ils soient dans les locaux de l’entreprise, en télétravail ou en WFA que ce soit pour des formations ou des activités récréatives.

Le WFA réservé aux plus anciens salariés

Selon des tests menés par les chercheurs d’Harvard, il serait préférable que les salariés nouvellement embauchés ne profitent pas immédiatement du WFA car ils profiteraient, dans un bureau où travaillent aussi des collègues plus anciens, d’un « apprentissage informel qui se produit d’une manière informelle en face à face. »

Finalement, « si un environnement de travail est prêt pour le WFA, c’est-à-dire que le salarié dispose d’assez de liberté et qu’il sait comment bien faire son travail, sa mise en œuvre peut être profitable à la fois pour l’entreprises et ses employés », concluent les auteurs de l’étude.  Ils invitent les employeurs à réfléchir à leur propre réaménagement : « Quels emplois dans votre entreprise pourraient bien convenir à cette politique de réaménagement des effectifs ? », questionnent-ils.

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