La qualité de l’air au bureau impacterait les capacités des salariés

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Dans une étude publiée le 14 mai 2019, des chercheurs de l’Institut Américain des Sciences de la Santé Environnementale (NIEHS) ont mesuré les effets de la pollution intérieure sur l’efficacité des travailleurs. Résultat : le besoin de prendre des pauses se fait beaucoup plus pressant.

« Les polluants générés à l’extérieur peuvent circuler à l’intérieur, où nous passons environ 90% de notre temps. » Pour souligner les effets néfastes de cette exposition, Joseph Allen, professeur à l’université de Harvard, avait mené une étude en 2016 révélant d’inquiétants résultats : les travailleurs étaient quatre fois moins efficaces lorsqu’ils exerçaient dans un environnement pollué. Cette année, Matthew Neidell, professeur américain originaire de Columbia, a étudié à son tour les effets de la pollution atmosphérique sur la productivité humaine, confirmant les résultats de son prédécesseur. «Nous avons constaté que les salariés en open space répondaient à moins d’appels et prenaient plus de pauses les jours de forte pollution atmosphérique, explique-t-il. Ils se sentent peut-être un peu en retrait sans trop comprendre pourquoi et s’écartent de leur bureau pour se rendre plus souvent aux toilettes ou à la fontaine à eau ». Des déplacements réguliers révèlent une gêne que les collaborateurs peinent à identifier.

Plus de pollution, moins de risques

Autre constatation faite par le professeur : des capacités cognitives plus faibles, dues à la pollution, peuvent conduire à un comportement plus hostile au risque. Une tendance qui peut impacter certains secteurs comme celui de la bourse. Matthew Neidell avance notamment que les plus hauts niveaux de pollution à New York étaient associés à une réduction des rendements des opérations sur actions.

Ces taux de pollution sont accentués par le réchauffement climatique, mais résultent aussi de « l’accent qui a été mis pendant trop longtemps sur l’efficacité énergétique et de la santé des travailleurs qui n’a pas été prise en compte. » Ce fléau ne touche pas uniquement les entreprises de la Grosse Pomme, mais concerne les travailleurs du monde entier. Selon le rapport State of Global Air publié en 2018, on estime que 95% de la population mondiale respire un air ambiant insalubre.

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