Le confinement a-t-il vraiment changé notre rapport au bureau ?

On aurait pu s’attendre à ce que le confinement du printemps 2020 change en profondeur le rapport au bureau et au télétravail. Surprise : ce n’est pas le cas. C’est l’une des conclusions apportées par le récent Baromètre Paris Workplace 2020 SFL, réalisé avec l’Ifop*. Voici quelques éléments de cette étude, unique en son genre, sur les attentes actuelles des salariés en matière d’environnement de travail.

Pour les bureaux, c’est (presque) l’heure de vérité. Au milieu de l’avalanche d’études et d’enquêtes sur le futur des lieux de travail, le Baromètre Paris Workplace 2020, réalisé par la Société foncière lyonnaise (SFL) avec l’Ifop, se distingue par son approche puisqu’il a permis de mesurer le ressenti de 3000 salariés avant et après le confinement du printemps dernier. Et certaines conclusions sont riches d’enseignements : elles relativisent l’impact supposé du confinement sur les rapports des salariés avec leur bureau et viennent rappeler que le lieu de travail est aussi, et peut-être même d’abord, un espace social.

Pouvoir télétravailler : une demande d’avant le confinement. En septembre 2020, 86 % des salariés souhaitaient dans l’idéal télétravailler au moins un jour par semaine. Un chiffre identique à celui de février dernier, avant les restrictions sanitaires du printemps (87%). Avant la crise, la possibilité de télétravailler était déjà une demande forte des salariés. Et sur ce point, le confinement n’a pas radicalement changé la donne. Ce qui évolue, c’est le nombre idéal de journées télétravaillées que souhaitent les salariés, qui passe en moyenne de 1,4 jour par semaine avant le confinement à 2,1 jours par semaine après le confinement.

Finalement, la crise aurait même plutôt renforcé l’attachement des salariés au bureau qui reste le lieu indépassable de la vie sociale avec les collègues. 63% des salariés souhaitent travailler la majorité de leur temps au bureau (au moins trois jours par semaine) et seule une ultra-minorité de salariés (8%) affirment vouloir travailler exclusivement à distance.  D’ailleurs, 55% de salariés viennent au bureau pour la vie sociale qui en découle. Et c’est particulièrement le cas pour les jeunes : 55% des moins de 30 ans jugent que leurs collègues « sont aussi des amis » (soit 26 points de plus que pour les + 50 ans).

Qu’en est-il de leurs pronostics sur l’évolution du lieu de travail ? Les trois quarts des salariés imaginent que « dans peu de temps, les salariés travailleront davantage en télétravail qu’au bureau », mais ils sont moitié moins nombreux à le souhaiter pour eux-mêmes. Il y a donc un gouffre, entre le pronostic concernant l’évolution du lieu de travail et le désir des salariés.

*L’enquête a été menée auprès d’un échantillon de 3 000 salariés représentatifs de l’ensemble des salariés franciliens (Paris et petite couronne), travaillant dans un bureau au sein d’entreprises comptant plus de 10 salariés. Les interviews ont été réalisées par questionnaire auto-administré en ligne du 13 février au 6 mars et du 1er au 18 septembre 2020. . La représentativité de l’échantillon a été assurée par la méthode des quotas (sexe, âge, profession de la personne interrogée, taille de l’entreprise et secteur d’activité).

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