Le flex office serait source d’insatisfaction pour les salariés

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Ne pas posséder de bureau attitré aurait un impact négatif sur la qualité de vie au travail. C’est ce que dévoile le baromètre Actineo / Sociovision 2019, dont les résultats ont été présentés ce 2 avril à Paris.

« Les insatisfactions sont plus grandes chez les salariés français lorsqu’ils sont en flex office », a révélé le chercheur Alain d’Iribarne lors de la présentation du 7ème baromètre Actinéo. Après avoir interrogé plus de 1200 actifs, l’observatoire qui décrypte l’évolution de l’environnement de travail conclu : environ 22% de « sans bureaux fixes » se disent insatisfaits de leur qualité de vie au travail contre 13  % en moyenne pour les collaborateurs exerçant dans des bureaux  fermés ou en open space.

Qui sont les français en flex office ?

Mais de qui parle-t-on au juste ? Seuls 14% des actifs en France sont concernés par le flex office en février 2019. Une proportion qui reste donc encore marginale. Parmi eux, 62% sont des salariés et 60% travaillent dans un espace collectif. 30% exercent dans le secteur des services et 14% travaillent en dehors des locaux de leur entreprise.

Les salariés rêvent d’un poste dédié dans un bureau fermé

Malgré ces mauvais résultats, la moitié des sondés se dit prête à abandonner le bureau attribué à une condition : avoir accès à un espace de travail avec tous les outils dont elle a besoin. Les réponses de l’enquête montre toutefois des attentes contradictoires. Lorsqu’on leur demande quel est leur espace de travail idéal, les collaborateurs décrivent à 59% « un poste de travail dédié dans un espace individuel fermé ». Environ 38% désignent un poste attribué dans un bureau collectif de petite taille et 31% un poste dédié dans un espace collectif ouvert avec des bulles de confidentialité et des salles de réunions de proximité en libre accès. Contrairement aux discours dominants, le désir d’extrême mobilité est donc loin d’être partagé par tous.

Une course à la meilleure place

« La manière de gérer ce nouvel agencement a un fort impact sur les résultats », détaille Alain d’Iribarne, qui est aussi le président scientifique d’Actinéo. En effet, 92% des salariés en flex office n’ont pas la possibilité de réserver une place en avance. Résultat : un quart des sondés arrive au travail le matin en ignorant où ils passeront la journée. 60%  trouvent directement un poste de travail en libre-service dans un espace ouvert, tandis que seuls 15% pourront s’isoler. C’est donc une course à la meilleure place qui s’organise chaque jour pour ces salariés soumis au flex office.

« Les applications de type smart building jouent, dans ce contexte, un rôle très important », souligne le chercheur. En effet, ces outils numériques permettent de réserver sa place en avance. Mais est-ce vraiment le seul problème auquel est confronté ce type d’aménagement ? Pour Maryline Nguyen, directrice conseil à Sociovision, le souci est plus profond. Pour elle, c’est surtout les besoins proprement humains des collaborateurs [qui] vont aller « contre le flex office en recréant leurs propres espaces et en se rassemblant. » Le bureau nomade se heurterait donc à la nature sociable de l’homme. Une théorie qui pousse Alain Iribarne à interroger les employeurs : « Les collaborateurs doivent-ils utiliser leur intelligence pour contrer les outils que vous leur proposez ? »

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