Le made in France en vogue dans les achats BtoB

Voilà sans doute un chiffre qui réjouira l’ancien ministre du redressement productif, Arnaud Montebourg. En 2019, 53 % des acheteurs BtoB font du « « made in France » un critère d’attribution de leur marché. En trois ans, ce pourcentage a connu une progression constante. Ils n’étaient encore que 31 % en 2017 à déclarer faire de l’achat local un critère à part entière dans le choix de leurs fournisseurs (43 % en 2018). Cette tendance est l’un des grands enseignements qui ressort l’enquête annuelle du cabinet AgileBuyer et du Conseil national des achats (CNA) dont les résultats ont été dévoilés début janvier. Une étude qui révèle également qu’une large majorité de professionnels ne considèrent pas le choix du « made in France » comme une contrainte. Seuls 10 % y voient un risque d’acheter plus cher leurs produits ou leurs services (ils étaient deux points de plus en 2018).

Changement de mentalité

Aussi spectaculaire soit-elle, l’évolution de ces pourcentages ne doit pas être interprétée comme l’expression d’un nouveau patriotisme économique exacerbée. « Il convient de rester mesuré », souligne les auteurs de l’étude qui rappellent tout de même que « ce résultat traduit un changement de mentalité ». En réalité, ces données recouvrent des écarts importants entre les secteurs. Si les entreprises privées expriment un réel regain d’intérêt pour le made in France (54 % en hausse de 8 points par rapport à l’année dernière), la sphère publique se montre plus timide sur ce sujet. Dans ce secteur, ils sont seulement 41 % à en faire un facteur pertinent, soit un résultat en baisse de cinq points, comparé à 2018. Par ailleurs, les branches les plus enclines à acheter made in France sont également celles qui en un argument de vente. C’est le cas de l’hôtellerie et de la restauration (78 %), de la mode ou encore du luxe (64 %). En revanche, dans d’autres branches dont la production est internationalisée et localisée à l’étranger, le made in France n’est pas un critère d’attribution du business à l’image de l’automobile (32 %).

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