Le télétravail des cadres nuit-il à la collaboration en entreprise ?

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Le télétravail permet-il d’améliorer les conditions de travail ? C’est la question à laquelle la Dares a tenté de répondre en étudiant le quotidien des cadres français qui représentent 63% des 1,8 millions de télétravailleurs en 2017. Parmi les aspects abordés, celui de la collaboration à distance, parfois compliquée à gérer même si les nouvelles technologies tentent de combler le nombre de kilomètres qui séparent les collaborateurs.

Une réunion concernant l’avancée d’un projet collaboratif est prévue cette après-midi. Au rendez-vous sont physiquement présents trois des quatre membres de l’équipe. Le chef de groupe est en télétravail. Il participera à la réunion par visioconférence, de chez lui, où il écoutera attentivement les avancées de chacun. D’après l’enquête Sumer, menée par la Dares – direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques – en 2017, la majorité (60,6%) des télétravailleurs sont des cadres. Les salariés ne sont, eux, que 1,4% à bénéficier de ce dispositif. Si leur taux d’équipement en nouvelles technologies n’est pas un frein à la collaboration puisque, pour cette catégorie de télétravailleurs il serait proche de 100%, d’autres critères viennent enrayer une collaboration fluide avec leurs collègues, note l’étude.

Des horaires trop libres

Les horaires décalés de ces télétravailleurs constituent un premier obstacle. La Dares les qualifie d’« atypiques » : ces cadres exerceraient d’avantage le samedi et le soir après 20 heures. « [Ils] risquent donc d’avoir des horaires de travail désynchronisés par rapport à leurs collègues ou collaborateurs », note le rapport. Ce risque semble toutefois atténué lorsque la mise en place du dispositif a été encadré par un accord collectif ou individuel.

Une coopération qui diminue avec la distance

Du fait de l’éloignement physique, les cadres en télétravail témoignent d’un sentiment de distance vis-à-vis de leur hiérarchie et de leurs collègues. Ainsi, les télétravailleurs intensifs (plus de deux fois par semaine en travail à distance), sont moins souvent aidés dans la réalisation de leurs tâches. Environ 67% d’entre eux reçoivent de l’aide contre 77% des non-télétravailleurs. C’est un des éléments qui les pousse à déclarer l’ambiance de travail moins agréable que leurs collègues présents au bureau. La mise en place d’un accord n’aurait aucun effet sur cette situation.

Un engagement toujours présent

Malgré ce sentiment d’isolement parfois pesant, le télétravail des cadres n’aurait pas d’incidence sur leur connaissance de l’entreprise. Ils sont très bien informés sur les la politique salariale, l’organisation du travail ou encore sur les intentions d’embauches ou de licenciement. Niveau relationnel, l’ensemble des cadres – en télétravail ou sur site – déclarent à la même fréquence que leurs collègues sont amicaux, les soutiennent et leur manifestent de l’intérêt. L’étude précise d’ailleurs que contrairement aux idées reçues, travailler de chez soi ne diminue la possibilité d’être en conflit avec ses collègues ou d’être victime d’agressions verbales…

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