Le travail multitâche dégraderait la productivité et le bien-être des salariés

©Bonneval Sébastien

Travail en mode projet, collaboration poussée à l’extrême, outils numériques omniprésents… les entreprises attendent aujourd’hui de leurs collaborateurs qu’ils soient toujours plus multitâches. Pourtant, notre cerveau serait peu adapté à ce mode de fonctionnement et les effets pourraient se révéler néfastes, d’après un récent article de la Harvard Business Review.

Les conclusions des travaux menés par les chercheurs d’Harvard sont sans appel : le travail multitâche n’est pas adapté au fonctionnement du cerveau humain. D’abord, cette méthode de travail favorise la déconcentration. En changeant d’activité, le salarié a besoin de se concentrer de nouveau, ce qui mobilise son énergie et réduit sa productivité de 40%. Le collaborateur étant, de ce fait, moins attentif, les fautes de frappes et autres erreurs se multiplient.

Un niveau de stress accru

Passer d’une tâche à une autre met le salarié dans une situation inconfortable, augmentant sensiblement son stress. Dans certains cas, cela pourrait même favoriser la dépression et amoindrir l’estime de soi.

Un sentiment d’isolement

Fournissant des efforts afin de réaliser ces multiples tâches, le collaborateur s’isole inconsciemment de ce qui l’entoure. Ne percevant pas les stimuli extérieurs, il se coupe de ce qui pourrait nourrir sa créativité et ne crée pas de lien avec ses collègues.

Des effets négatifs sur le long terme

Moins de mémoire, moins de créativité… le travail multitâche amoindri les capacités du cerveau en saturant l’attention. Il ralentirait ainsi l’activité intellectuelle et conduirait le salarié à se comporter comme s’il venait de passer une nuit blanche. Les chercheurs vont même plus loin : sur le long terme « cette régression intellectuelle ferait converger l’état de notre cerveau vers l’état de celui d’un enfant… de huit ans », est-il précisé dans l’article.

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