Les entreprises gèrent-elles de manière écoresponsable leurs impressions ?

La 3e édition du baromètre Green IT* vient de paraître. Une édition 2020 particulièrement bien documentée et sourcée, conçue comme un guide à l’usage des entreprises en faveur d’un numérique plus écologique. Parmi les huit thématiques développées dans ce document, InfoBuroMag s’est penché sur les résultats en matière de pratiques d’impression.

Portées par l’association indépendante Alliance Green IT (Agit), les conclusions de ce baromètre 2020, qui succèdent à celles de l’édition 2017, se concentrent sur huit thématiques : infrastructures informatiques, datacenters, impressions, fin de vie, achats, gouvernance, postes de travail et applications. Si la lecture complète du guide indique une amélioration des comportements dans tous les domaines entre 2017 et aujourd’hui, la méconnaissance des entreprises et des administrations en matière de « green IT » reste flagrante. Un constat général qu’on peut toutefois relativiser en matière d’impression. Dans ce domaine, les écogestes semblent globalement bien adoptés par les organisations. De bonnes pratiques qui s’expliquent notamment par le fait l’impression est un poste de dépenses dont la gestion est souvent confiée aux services généraux. L’analyse dans le détail montre toutefois de nombreux points à améliorer.


En 2017, 90 % des répondants du baromètre indiquaient déjà paramétrer leurs imprimantes par défaut pour éviter le gaspillage. Trois ans plus tard, le baromètre a donc approfondi cette question, en interrogeant les entreprises sur le type de paramétrage réalisé (réduction du nombre de pages lors de l’impression, des consommations d’encre, mode brouillon…). À l’arrivée, les résultats se révèlent bien plus mitigés, avec une mise en place des bons paramétrages variant de 24 % à 59 %. Parmi les répondants, ils ne sont par exemple que 41 % à avoir activé le mode recto verso par défaut.

Une forte rationalisation du parc

Avant même la prise de conscience environnementale, le partage d’impression est désormais un levier parfaitement identifié par les gestionnaires pour rationaliser leur parc et ainsi réduire les coûts. La consolidation du parc vers des imprimantes départementales a doublé par rapport à 2017, s’établissant à 61%. En revanche, l’achat de copieurs d’occasion reste tout à fait marginal, environ 24% des répondants le pratiquent, une proportion qui intègre ceux qui ont fait ce choix pour une partie seulement de leur parc.

43 % des entreprises ne recyclent pas leur papier malgré la réglementation

La collecte séparée des cartouches et des toners est plutôt bien prise en compte : plus d’une entreprise sur deux déclare l’avoir déployée. La tendance monte même à 98 % pour les administrations publiques. En revanche, un chiffre interroge : 40% des structures qui ont répondu positivement à la question de la collecte séparée ne savent pas comment sont traités ces éléments une fois sortis de leurs locaux. Autrement dit, elles ne peuvent pas dire si leurs consommables d’impression sont détruits dans une filière de recyclage ou bien reconditionnés. Autre point négatif : une part encore trop importante d’entreprises et d’administrations (43%) ne recycle pas leur papier malgré la réglementation en vigueur ! Elles sont en revanche plus attentives à la nature du papier qu’elles achètent : 57 % des répondants indiquent utiliser du papier partiellement ou totalement recyclé, alors qu’ils n’étaient que 45 % en 2017. FSC et PFC restent les labels majoritairement privilégiés pour l’achat du papier.

* Le baromètre Green IT 2020 est la 3e édition d’une étude d’envergure nationale menée depuis 2015 par l’association indépendante Agit qui vise à sensibiliser les entreprises sur le numérique responsable. Elle évalue la maturité de 672 entreprises et organisations auprès de responsables informatiques, directions générales et directions du développement durable. L’ensemble de l’étude est téléchargeable sur le site de l’Agit.

 

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