Les entreprises prêtes à investir dans la surveillance des salariés

@chrisyangchrisfilm

GetApp, comparateur de logiciels métiers, vient de dévoiler le deuxième volet de son enquête sur l’utilisation de logiciels de surveillance des employés dans les PME françaises. Remis au goût du jour par la généralisation du télétravail, le sujet est évidemment loin de faire l’unanimité. Début décembre, la polémique a d’ailleurs poussé Microsoft à modifier le score de productivité intégrée à Microsoft 365. Désormais cette fonction ne permettra plus de mesurer l’engagement au travail d’un salarié en particulier.

En novembre, une première publication avait révélé que près d’un employé interrogé sur deux travaillait dans une entreprise utilisant des dispositifs de surveillance. Pour 25 % d’entre eux, ces outils avaient été mis en place avant la crise sanitaire. Pour la deuxième phase, GetApp a interrogé 269 managers et dirigeants de PME travaillant des organisations qui ont mis en place de telles technologies. Les trois quarts d’entre elles affirment qu’elles poursuivront leur investissement dans ces logiciels en 2021 avec des budgets réévalués à la hausse. Pour 48 % des répondants, l’investissement peut déjà monter jusqu’à 100 euros par mois pour tous les utilisateurs.

Les employeurs reconnaissent utiliser ces outils en priorité pour contrôler l’activité des employés sur ordinateur (citée par 67 % du panel). Viennent ensuite le suivi de présence (34 %), le monitoring de l’espace de travail (25 %), des conversations audio (18 %) et de la charge de travail (15 %). Concernant l’acceptation de la surveillance, le constat est sans surprise du côté des managers et des employeurs : 84 % considèrent celle-ci comme une mesure positive pour l’entreprise. En revanche, loin d’exprimer un rejet massif de ces méthodes, les salariés se révèlent plutôt partagés : si 38 % jugent ces pratiques de façon négative, ils sont aussi 32 % à les voir comme des mesures positives et près de 30 % n’ont pas d’opinion. Quant aux effets de la surveillance sur la productivité, les résultats de l’étude ne montrent aucun impact significatif. Au contraire conclut l’étude, « il est même probable que l’on arrive plutôt ainsi à créer une ambiance de travail toxique, sans même mentionner les échos qui pourraient ressortir publiquement sur des pratiques peu reluisantes. »

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