Les salariés toujours plus nombreux à recevoir leurs colis au bureau

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Toujours plus connectés, les Français sont de plus en plus nombreux à acheter sur le net avec la volonté de simplifier leur quotidien. Selon les dernières estimations de la Fevad, ils sont 38,8 millions à se faire livrer leurs achats chez eux ou directement sur leur lieu de travail. Un phénomène auquel les employeurs doivent faire face, notamment lorsque celui-ci s’intensifie avec les fêtes de fin d’année.

Cette année, 5,3 millions de salariés français envisagent de se faire livrer leurs colis de Noël sur leur lieu de travail. Environ 4 millions d’entre eux ont déjà l’habitude de réceptionner leurs commandes au bureau, mais c’est une première pour les 1,3 millions de collaborateurs séduits par la simplicité de ce lieu de livraison. Nul besoin de se presser pendant sa pause déjeuner pour se rendre au point de livraison ou de patienter de longues minutes au guichet de la Poste : le colis arrive directement sur son bureau, à l’accueil de son entreprise ou au service conciergerie. Les résultats de cette étude publiée le 12 décembre par l’Ifop pour BNP Paribas Real Estate sont toutefois à recontextualiser : elle a été menée en novembre 2019, lorsque la grève des transports n’était encore qu’une hypothèse. Il est fort à parier que ces chiffres soient finalement à revoir à la hausse. Si décembre est le mois qui affiche un pic des commandes en ligne avec l’approche des fêtes de fin d’année, la livraison au bureau reste toutefois une tendance en augmentation constante depuis quelques années.

La réception de colis au bureau plébiscitée par les nouvelles générations

Selon la fédération du e-commerce et de la vente à distance (Fevad), le marché français de la vente en ligne devrait dépasser la barre symbolique des 100 milliards d’euros en 2019. D’ailleurs, plus de 95% des salariés ont déjà acheté au moins une fois sur internet, révèle l’étude. Et plus de la moitié d’entre eux, soit 57%, commandent tous les mois. C’est donc tout naturellement qu’ils attendent de leurs entreprises, où ils passent la majorité de leur temps, qu’elles leur permettent de réceptionner au bureau leurs colis. « L’étude (…) illustre parfaitement le phénomène d’effacement des frontières entre vie professionnelle et vie personnelle et le nouveau regard qu’ont les salariés – notamment les jeunes – sur le lieu de travail », analyse Frédéric Dabi, directeur général adjoint de l’Ifop. Les jeunes générations, qui ont grandi avec internet, sont effectivement celles qui se font le plus livrer au bureau. Sur les 28% de salariés indiquant l’adresse de leur organisation lors de la commande, 33% ont entre 18 et 24 ans. Les plus de 50 ans représentent, eux, 24%. Cette attente s’ajoute donc à la liste de services souhaités par les Millenials pour qu’ils s’engagent auprès d’un employeur, même si toutes générations confondues, 45% des collaborateurs trouvent la livraison au bureau intéressante. « On peut facilement anticiper un développement important de cette pratique dans les années à venir, ce qui doit interroger les entreprises sur leur capacité à gérer ces nouveaux flux », complète Frédéric Dabi.

Un enjeu d’attractivité pour les organisations

Si l’on en croit le développement des services de conciergerie dans les grandes comme dans les petites entreprises, la réception de colis serait un des facteurs d’attractivité pour attirer de jeunes diplômés ou faciliter le quotidien des collaborateurs. Ils s’inscrivent d’ailleurs dans la conception de smart buildingsoù sont proposés aux salariés une multitude de services. Pourtant, lorsque l’on interroge les employés commandant sur internet sur les freins qu’ils pourraient rencontrer à se faire livrer au travail, 42% d’entre eux citent le fait que l’entreprise n’autorise pas la réception de colis personnels. Un argument qui vient juste derrière le manque de confidentialité de ses achats (45%) et les remarques des collègues sur ses courses (39%). Ces freins ne limitent pourtant pas les collaborateurs : 30% d’entre eux se font livrer des colis personnels sur leur lieu de travail malgré l’interdiction de leur employeur. L’organisation se retrouve alors dans une position délicate, selon Csongor Csukas, président de BNP Paribas Real Estate Property Management France. « L’interdiction de cette pratique ne ferait que générer des frustrations tandis que le laisser-faire comporte son lot de risques, notamment sur la responsabilité en cas de perte ou de casse des colis réceptionnés par l’entreprise pour le compte de ses salariés », explique-t-il.

Le nombre croissant de Français ayant recours aux commandes sur le web pourraient faire évoluer la position des entreprises. La Fevad anticipe plus de 20 milliards d’euros de dépenses en ligne pour les fêtes de Noël en 2019. L’an dernier, le montant s’élevait à 18,3 milliards d’euros sur cette période.

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