Nextwave : le plastique océanique devient matière première

Le plastique océanique, nouvel eldorado ? Voilà l’idée d’un nouveau consortium interprofessionnel réuni autour d’un même concept, « Nextwave », dont l’objectif est de créer la première chaîne d’approvisionnement utilisant des plastiques collectés dans les milieux marins et sur les plages.

La source semble tristement intarissable, rappelle le fabricant spécialiste de l’ergonomie au poste de travail Humanscale, prenant part au projet à travers son partenariat* avec Bureo – jeune entreprise qui collecte et réutilise le plastique des océans : chaque année, plus de 8 millions de tonnes de plastique sont rejetés en mer… une masse cumulée qui pourrait atteindre 150 millions de tonnes d’ici 2025. Interface, Herman Miller, Trek Bicycle, Dell, Van de Sant ou encore General Motors : si certaines parties prenantes ne sont pas originellement les plus « green », chacune participe aujourd’hui d’une initiative collective, assistée par l’ONG Lonely Whale et soutenue par le Programme des Nations unies pour l’environnement (Pnue), qui doit permettre, en limitant l’usage de plastiques neufs, d’éviter le déversement d’1,3 million de kilos de plastiques dans les océans (l’équivalent de 66 millions de bouteilles) dans les 5 ans à venir.

Plus de plastique que de poissons ?

Dans les faits, il s’agit donc de fabriquer du plastique à base d’algues mais également de collecter à la source (plages et estuaires) ce matériau polluant dont plusieurs millions de tonnes flottent actuellement sur les océans du monde. Il reviendra ensuite aux sociétés membres d’imaginer différents moyens de tester son recyclage et sa possible intégration dans la fabrication de nouveaux produits. L’initiative prévoit également une réduction de l’utilisation du plastique dans la Supply Chain toute entière, notamment du plastique non-recyclable, ainsi que la généralisation de la pratique du recyclage. « Car si on ne change rien », prévient l’United National Environmental Programme (UNEP), « il y aura en 2050 plus de plastique dans l’eau que de poissons ». Une menace réelle, a-t-on besoin de rappeler, non seulement pour les écosystèmes marins vitaux (reproduction des poissons, des récifs coralliens, etc.), mais aussi plus largement pour la santé de toutes les espèces, le plastique finissant par intégrer la chaîne alimentaire.

*Humanscale et Bureo ont chacun obtenu la certification du LivingProduct Challenge en 2016. C’est grâce à cette certification que les deux entreprises se sont rencontrées et ont commencé leur collaboration.


Humanscale projette de déployer une gamme de sièges eco-friendly à grande échelle. Après plusieurs tests au sein de la chaîne de production, le modèle le plus pertinent s’avère être le siège de travail Diffrient Smart. Cette nouvelle version « verte » devrait être commercialisée courant 2018.

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