Quelles perspectives pour le marché de la dématérialisation des documents ?

© Sikov

Dans une nouvelle étude parue fin novembre, Xerfi fait le point sur le marché de la dématérialisation des documents à l’horizon 2023. Si les conséquences de la crise sanitaire, notamment le recours au télétravail, ont mis évidence les besoins des entreprises dans ce domaine, le secteur n’échappera pas cette année au coup de frein de l’économie et à la fragilisation financière des donneurs d’ordres. Selon les calculs de Xerfi, le marché va ainsi reculer de 6% en 2020, après une hausse de 8% en 2019, pour ensuite s’offrir un rebond mécanique en 2021 (+4,5%). Il faudra attendre 2022 pour qu’il retrouve son niveau d’avant la crise.

Ce trou d’air ne devrait toutefois pas remettre en cause les facteurs de croissance d’un secteur qui profite des obligations réglementaires en matière de dématérialisation, du caractère régional ou mondial des chaînes de valeur, de la hausse structurelle et exponentielle des données et documents ou encore des progrès technologiques.

Par ailleurs, l’expérience du télétravail ainsi que les politiques de réduction des coûts pourraient inciter les entreprises à accélérer leur migration vers le numérique avec la mise en place de solutions de dématérialisation des documents (factures fournisseurs, fiches de paie, documents internes, etc.) et d’automatisation des back office. Si bien que Xerfi estime que le marché générera un chiffre d’affaires de 9 milliards d’euros en 2023, dont 64% pour les flux entrants/sortants/circulants devant la sécurisation des échanges (21%) et l’archivage électronique (15%).

Intensification de la concurrence

Ces bonnes perspectives auront également pour effet d’intensifier la concurrence avec la nécessité pour les acteurs de renforcer leur positionnement. Thomas Roux, auteur de l’étude, anticipe ainsi un élargissement de l’offre avec des stratégies de diversification orientées vers le business process outsourcing (BPO). L’objectif pour les professionnels sera de couvrir davantage de processus métiers à l’image de la gestion de la relation client, du facility management ou encore la gestion de la supply chain. Le cloud et l’intelligence artificielle joueront également un rôle clé dans l’enrichissement de l’offre : lecture et reconnaissance automatiques des documents, reconnaissance optique, automatisation robotisée des processus et de la saisie informatique.

« Pour enrayer les fortes pressions tarifaires émanant des donneurs d’ordres, les professionnels n’ont pas d’autre choix que de miser sur la qualité et la différenciation, note Thomas Roux. Ce défi est d’autant plus urgent à relever que le marché fait face à un afflux massif de nouveaux entrants issus de l’internet et proposant des solutions clés en main souvent low cost ». Dans ce contexte, l’expert prévoit davantage de spécialisation sectorielle des acteurs (santé, banque/assurance, grande distribution…) alors que les donneurs d’ordres attendent toujours plus de prestations personnalisées. Selon Xerfi, la pression de la concurrence devrait également de conduire à une polarisation accrue du marché « entre, d’un côté, une offre premium multi-compétences pour les grands comptes et, de l’autre, une offre low cost destinée aux projets moins complexes et d’envergure modeste ».

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