Réduire le temps de travail : un passage obligé pour sauver la planète ?

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Et si raccourcir les semaines de travail était une des meilleures solutions pour lutter contre le réchauffement climatique ? Dans une étude publiée en mai 2019, les chercheurs du groupe de travail Autonomy établissent un lien entre les heures de travail effectuées en Grande-Bretagne, en Suède et en Allemagne, et les émissions de gaz à effet de serre des entreprises.

« La crise climatique appelle à une diminution sans précèdent de l’activité économique et cela nous confronte à la ‘‘nécessité d’être paresseux’’ évoquée par l’auteur Paul Lafarge ». En se basant sur les données recueillies par l’ONU et l’OCDE* en Suède, en Grande-Bretagne et en Allemagne, le groupe de chercheurs estime que pour maintenir le réchauffement climatique en dessous de +2°C, il faut significativement réduire le temps de travail moyen. En cause, les progrès technologiques qui entraînent une pollution numérique : envoi de mails, stockage de données sur serveurs, téléchargements, production du matériel digital… En 2019, internet pollue plus que l’aviation civile, selon un rapport de Greenpeace. Autre ordre d’idée donné par l’organisation : chaque salarié français envoie en moyenne 33 mails par jour. Pour une entreprise d’environ 100 personnes, cela équivaut à autant d’émission de CO2 que 1 000 km parcourus en voiture. Voila pourquoi le Think Tank britannique envisage la réduction du temps de travail des salariés comme un impératif afin d’enrayer le réchauffement climatique.

Des semaines réduites de 27 heures minimum

Or, aujourd’hui le nombre d’heures de travail moyen des salariés dépasserait largement les niveaux pouvant être considérés comme « durables ». En prenant en compte les particularités et les émissions de gaz produites par chaque pays, l’étude préconise une semaine de travail de six heures en Allemagne, de douze heures en Suède et de neuf heures en Grande-Bretagne. Des chiffres bien loin de la réalité, la moyenne européenne avoisinant les 36,4 heures de travail selon la Direction de l’Animation de la Recherche, des Études et des Statistiques (Dares).

Des recommandations ‘‘irréalistes’’ mais nécessaires

Bien entendu, pour que ces semaines raccourcies aient un véritable impact sur l’économie, les experts recommandent qu’elles soient complétées par d’autre politiques environnementales telles que : déplacer des emplois de la fabrication et de l’extraction de combustibles fossiles vers des métiers ‘‘verts’’ ou ne pas profiter de cette réduction de temps de travail pour employer d’autres salariés. Autonomy va même plus loin : ces « améliorations organisationnelles » donneraient naissance à une plus grande motivation chez les collaborateurs et une meilleure efficacité dans leurs tâches.

Conscients que ces recommandations semblent quelques peu « irréalistes » dans le contexte économique actuel, le groupe de réflexion renvoie à l’urgence de la situation. « Faire évoluer le mode de production est nécessaire si nous voulons éviter un désastre. Dans le passé, les progrès écologiques avançaient trop lentement. Aujourd’hui, il est grand temps e discuter d’objectifs beaucoup plus ambitieux. »

* L’Organisation des Nations Unies (ONU) et l’Organisation de Coopération de développement économiques (OCDE)

 

 

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