IBM_Comment-le-télétravail-modifie-les-attentes-vis-à-vis-du-bureau Photo : You X Ventures
Le travail à distance change en profondeur les rapports des salariés avec leur bureau. Une étude de JLL tente de mieux cerner la diversité des attentes des collaborateurs en fonction de leur aspiration à télétravailler.

On le savait déjà, mais la crise sanitaire en donne une démonstration sans précédent : les salariés n’ont pas tous les mêmes attentes ni les mêmes besoins vis-à-vis de leurs bureaux. L’expérience du travail à distance a mis en évidence des aspirations très différentes entre ceux qui, aujourd’hui encore, traînent des pieds pour revenir, ne serait-ce qu’une fois par semaine, dans les locaux de leur entreprise et à l’inverse, ceux qui pointent présents tous les matins, quitte à passer outre les consignes gouvernementales. Pour mieux comprendre comme le télétravail pourrait redessiner demain les rapports des salariés avec leur bureau, JLL a enquêté auprès de 2 033 travailleurs à travers le monde, dont la France.

À partir de cette étude, le spécialiste de l’immobilier d’entreprise a établi quatre grands profils de salariés qui se distinguent par leur comportement, mais aussi par leurs priorités en termes de confort, de services et plus globalement d’expériences de travail.

Les travailleurs traditionnels

 

Selon l’étude menée par JLL, ils représenteraient 35 % des salariés français. Pour eux, rien de mieux qu’un retour à la normale. Plutôt conservateurs dans leurs modes de travail, par habitude ou du fait des contraintes de leur métier, ces salariés ne souhaitent plus pratiquer le télétravail et aspirent à travailler exclusivement au bureau.

Ils se distinguent également par leur faible niveau d’exigences concernant les espaces de travail, à l’exception du rôle fédérateur du bureau qu’ils voudraient voir se renforcer. « Comme 61 % des Français, ils ont pour priorité de se reconnecter à leurs collègues et de vivre avec eux des moments mémorables. 46 % des salariés en France réclament davantage d’espaces de socialisation » précise Rémi Calvayrac, Head of Workplace & Design chez JLL.

Les fans du bureau

Ils font partie de ceux (37 % des personnes interrogées) qui veulent revenir sur le lieu de travail (idéalement entre 3 et 4 jours par semaine), mais à la condition d’y vivre une expérience exceptionnelle… Exigeants vis-à-vis de leur entreprise, leurs préoccupations dépassent de loin les simples sujets du travail, de la collaboration et de l’innovation.

Des attentes qui trouvent un véritable écho à l’échelle nationale : 40 % des salariés de l’Hexagone voudraient être accompagnés par leur employeur dans un mode de vie plus sain et 36 % aimeraient être surpris et émerveillés au travail. « Le besoin de se ressourcer est aujourd’hui au cœur des attentes. 60 % des Français voudraient des espaces connectés à la nature, des jardins, des terrasses ou encore des potagers. Ce sont d’ailleurs les espaces n°1 attendus post-crise, devant les lieux de socialisation », explique Flore Pradère, directrice Recherche et Prospective Bureaux de demain chez JLL.

Les addicts du bien-être

 

Cette catégorie de salariés (22 % des sondés) exprime une priorité : trouver un parfait équilibre de vie avec une fréquence de télétravail qui se situe entre 3 et 4 jours par semaine. « C’est une tendance forte à l’échelle du pays : 74 % des Français veulent davantage préserver leur équilibre professionnel et personnel post-crise et 70 % trouvent séduisante l’idée d’une semaine de 4 jours. Lorsqu’ils se rendront au bureau, les Addicts du bien-être viendront « consommer » des services qui faciliteront leur quotidien », détaille Rémi Calvayrac.

Cette demande d’un bureau davantage serviciel est générale : 71 % des salariés en France rêvent d’avoir accès à des services de bien-être (spa, massage, salle de yoga), 62 % à des services de sport (douche, salle de sport, coach) et 59 % à des services culturels (organisation de visites et de spectacles, expositions d'œuvres d'art…).

Les travailleurs libérés

 

C’est certainement ceux (6 % du panel) qui ont le mieux traversé l’année qui vient de s’écouler. Déjà hyper-nomades avant la crise, ils profitent du boom du télétravail pour exprimer leur appétit pour le 100 % distanciel. L’occasion pour eux de se mettre au vert ! Ils incarnent ainsi les 54 % de Français qui sont séduits à l’idée de déménager loin de leur lieu de travail. Leur envie de ne plus se rendre au bureau est évidemment motivée par la recherche d’un meilleur équilibre de vie, mais aussi par leur inquiétude face à la pandémie.

Comme 54 % des Français en moyenne, ces salariés ont besoin de sentir qu’ils travaillent dans une entreprise qui veille à leur santé. Ils sont 40 % à vouloir conserver les protocoles de désinfection une fois l’épidémie passée.