Achats responsables : démarche ancrée, mais pas systématique

Les initiatives des organisations en matière d’achats responsables sont de plus en plus nombreuses, et comprises dans leur politique RSE. Dans son nouveau baromètre, l’ObsAr/OpinionWay reconnaît toutefois quelques freins, et la nécessité d’améliorer le processus.


Pour la nouvelle édition de son baromètre sur les achats responsables, l’ObsAr/OpinionWay publie des résultats encourageants sur les pratiques des organisations. Ainsi, 85 % (+ 3 %) des répondants déclarent avoir une bonne ou très bonne connaissance des achats responsables, 87 % ayant mis en place une politique d’achats responsables dont 39 % depuis plus de 5 ans. Pour 40 % d’entre eux, l’approfondissement de cette politique est même une priorité. Si la démarche paraît donc ancrée dans les habitudes… sa mise en œuvre ne semble toutefois pas systématique. L’appréhension du coût global des produits reste un sujet complexe à maîtriser, « d’où une vision plus réaliste dans les réponses quant à son utilisation par les acheteurs. La réflexion en coût global est fortement associée aux « économies générées et à la création de valeur pour l’organisation », élément qui arrive en 2e position dans les postes de coûts chiffrés et conforte la tendance observée depuis le dernier baromètre qu’acheter responsable ne coûte pas plus cher, bien au contraire ».

Des axes d’amélioration préconisés

Un autre enseignement consiste également à indiquer que les acheteurs ont recours en priorité à des fournisseurs installés sur le territoire (82 %), puis à des PME (74 %), avec une forte appétence pour les PME innovantes. Le public apparaît comme le secteur ayant mis en place le plus de mesures visant à s’adapter à la taille des entreprises, avec des pratiques d’achats comme des procédures ou des contrats simplifiés. Et si les grandes entreprises commencent à accorder plus de poids à leurs achats à des PME, « le respect des délais de paiement reste un sujet où il reste beaucoup à faire », confie l’ObsAr/OpinionWay, qui souligne la nécessité de mettre en place des actions d’amélioration pour raccourcir les délais de paiement, « particulièrement dans le public ».

La fin de la « contrainte budgétaire »

Le baromètre dévoile également qu’une organisation sur deux estime avoir une bonne connaissance de la performance RSE de ses fournisseurs. « Les nouvelles exigences issues des récentes lois Sapin II et Devoir de vigilance, renforcent cette prise de conscience ». Les questionnaires d’évaluation propres aux organisations (50 %) et les audits internes et externes (48 %) sont les moyens les plus utilisés pour évaluer les fournisseurs, principalement dans les entreprises privées de plus de 250 salariés. La réduction des consommations et notamment d’énergie, de plus, reste un enjeu majeur vis-à-vis des fournisseurs. « On voit également monter la préoccupation des PME d’acheter des produits qui durent plus longtemps et, si possible, éco-conçus », explique l’ObsAr/OpinionWay.

La « contrainte budgétaire », enfin, qui représentait le premier frein en 2012 (55 %) continue sa chute et n’est plus mentionnée que par 33% des répondants. Les moteurs de la mise en œuvre des achats responsables restent la politique RSE de l’organisation, le respect des normes et l’image. Selon les sondeurs, les achats responsables sont de plus en plus perçus comme un levier de performance et d’innovation (87%) et un moyen de réduction des risques.

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