Bruit & nuisances sonores au travail : un enjeu sous-estimé

En amont de la 3e édition de la Semaine de la Santé Auditive, l’Ifop a réalisé une étude pour l’association JNA (Journée Nationale de l’Audition) visant à mesurer la réalité des impacts du bruit subi sur le lieu de travail par les salariés.

Parmi ses enseignements, un constat alarmant : 59 % des actifs occupés ressentent une gêne à cause du bruit sur leur lieu de travail. « Les conséquences sur la santé, la performance et la qualité de vie existent et dépassent la seule sphère professionnelle pour impacter la sphère privée », souligne l’Ifop.

Un véritable enjeu de QVT
Le ressenti est plus largement partagé chez les 18-24 ans (65 %), que les pratiques et comportements exposent plus aux problèmes auditifs, notamment la puissance d’écoute de la musique sur oreillettes ou casque, fréquemment utilisés sur le lieu de travail, les ouvriers (69 %), dont les conditions de travail exposent plus aux nuisances sonores et les habitants de l’agglomération parisienne (68 %), où la densité de la population est plus élevée. « Contrairement aux idées reçues, une nette majorité des salariés des secteurs des services (54 %) et de l’administration (60 %) sont eux aussi gênés par le bruit à leur poste de travail ».

C’est avant tout la qualité du travail fourni qui est impactée pour près des ¾ des répondants. Parmi les impacts négatifs sur la santé : le comportement (fatigue, nervosité, agressivité, lassitude), et l’équilibre général de la santé (somnolences, maux de tête, anxiété, etc.). Le problème spécifique que constitue l’apparition de troubles auditifs (bourdonnements d’oreilles, hypersensibilité au bruit, surdité) touche une nette majorité des actifs qui se disent gênés par le bruit sur le lieu de travail (57 %).

Quelles solutions proposées ?
Selon l’Ifop, seul un actif gêné sur deux se saisit du sujet et partage son ressenti pendant ses heures de travail à au moins un acteur dans son entreprise (50 %). A peine 4 actifs gênés sur 10 ont consulté un médecin du travail ou un médecin spécialiste pour réaliser un test de l’audition, suite à la gêne ressentie.

Les acteurs plus spécifiques, dont les missions sont pourtant axées sur l’amélioration de la santé et de la qualité de vie au travail, sont encore moins mobilisés : les responsables sécurité, QVT, RSE ou animateur prévention (27 %), le médecin du travail (26 %), les instances de représentation du personnel (25 %), et à la marge, la Direction des RH (13 %), « signe que l’enjeu du bruit au travail n’est pas encore pleinement saisi mais plutôt subi ».

En outre, 28 % des actifs occupés se sont vu remettre des protecteurs individuels (bouchons mousse, bouchons en silicone, casques anti-bruit passifs ou actifs, etc.), un actif sur cinq espère la création d’espaces pour s’isoler (23 %) ou le réaménagement des espaces existants (22 %) et enfin, moins d’un actif sur cinq a bénéficié de sessions d’information et de sensibilisation pour modifier les comportements collectifs.

  • < Etude > Plantronics dévoile les bruits les plus gênants au travail

24 % Conversations de collaborateurs devant votre bureau ou votre espace de travail
16 % Reniflements / Toux
11 % Alertes sur smartphone
10 % Appels personnels
8 % Claviers bruyants
3 % Bruit des collaborateurs en train de manger

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