Manger vite et bien : le nouveau crédo de la distribution automatique

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La demande de produits sains dans l’offre de snacking en entreprise s’intensifie. Les besoins sont tels que des startups se lancent dans l’aventure de la distribution automatique. Certaines voient même dans ces machines la solution la plus simple pour livrer des repas frais aux salariés, en satisfaisant ainsi leur besoin de manger vite et bien pendant leur pause déjeuner.

Des snacks et des boissons plus sains et plus éthiques sont demandés de manière croissante par les collaborateurs. Cette tendance ne peut que se développer puisque les jeunes populations font plus attention à ce qu’elles mangent. Les entreprises, pour leur part, renvoient une meilleure image d’elles-mêmes si elles proposent cette nouvelle gamme à leurs salariés.» Voici le constat de Romain Vinson, cofondateur de la startup Quartier Frais. Depuis 2016, il propose, avec son associé Alexandre Cohen, des distributeurs automatiques presque entièrement remplis de produits sains aux entreprises. Oléagineux, fruits secs, gaufrettes bio ou barres vegan, les collaborateurs ont le choix entre des aliments issus de l’agriculture biologique, faits maison ou faibles en matières grasses.

À la recherche du plaisir

En regardant de plus près dans l’offre de la jeune pousse, on distingue encore quelques noms de barres chocolatées très connues. Malgré leurs bonnes résolutions, les salariés ne sont pas encore prêts à abandonner toutes leurs gourmandises préférées. Selon une étude de l’Observatoire du Snacking publiée en mars 2018, 38% des prises alimentaires en dehors des horaires de repas ont pour but la recherche de «plaisir». Une situation à laquelle est confronté quotidiennement Romain Vinson. «On ne peut pas enlever de nos machines l’offre basique, reconnaît-il. Lorsque nous installons nos frigos dans une entreprise, les salariés vont naturellement vers ces snacks indémodables très sucrés. Puis, au bout de six mois environ, un équilibre s’établit entre les nouveaux produits et les plus classiques. Les collaborateurs se rendent comptent qu’en insérant une pièce de plus, ils peuvent manger mieux.»

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Le prix, un élément décisif

Le tarif reste un levier important pour séduire les salariés. Les distributeurs comme Quartier Frais appliquent la même marge sur tous les snacks. Or, avec un prix de base un peu plus élevé, un produit vegan sera généralement deux à trois fois plus cher pour le salarié qu’un snack basique.Un surcoût que tous les collaborateurs ne sont pas prêts à payer. «Selon mon expérience, je dirais que plus la catégorie socioprofessionnelle d’un salarié est élevée, plus il est jeune et plus il a vocation à choisir cette nouvelle variété de produits», atteste le cofondateur qui a pu observer la consommation sur ses quarante machines présentes dans six grandes entreprises telles que PWC, Deloitte et Publicis. Prête à aller plus loin dans sa proposition, la startup crée actuellement sa propre marque de snacks autour de la noix, qu’elle distribuera dans ses machines.

Le défi de la pause déjeuner

En plus des snackeurs de la pause-café, la distribution automatique s’intéresse aux salariés pressés qui mangent sur le pouce pendant leur pause déjeuner. Mais attention, ce n’est pas parce que les pratiques évoluent que le traditionnel repas se déstructure, avertit l’enquête de l’Observatoire du Snacking. Les collaborateurs veulent manger vite, bien et sain. Un constat conforté par les chiffres du Crédoc, présentés lors des Assises de l’alimentation francilienne qui ont eu lieu en amont du salon de l’agriculture. Environ 25% des Franciliens – en majorité des femmes – emporteraient leur propre repas sur leur lieu professionnel par méfiance vis-à-vis des plats préparés. Ce comportement est revenu en force avec le scandale de la viande de cheval dans des plats «pur bœuf» en 2013 et pousse les français à manger des produits plus sains et locaux. Dans le sillage de ce «retour de la gamelle», annoncé par le centre de recherche, Julien Icard et Antonin Parenti ont créé Le Bon Bocal il y a trois ans. Ce système de distributeurs automatiques délivre des repas frais concoctés par des chefs cuisiniers, dans des bocaux. Pour 10 euros par formule, les collaborateurs ont le choix entre trois plats, deux desserts et trois encas. «Nous sommes sur un marché hybride entre la restauration collective et la distribution automatique, explique Julien Icard. On répond à un besoin de substitution: les salariés qui n’ont pas le temps de manger le midi ou qui rentrent tard le soir prennent un bocal et dégustent un repas de qualité.»

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Zéro-gaspillage avant tout

Le service mise aussi sur l’écologie pour convaincre les salariés. Une fois leur repas consommé, ils sont invités à mettre les pots en verre dans des bacs. Ces derniers seront ensuite récupérés par la startup et réutilisés pour les prochains repas. Autre initiative : le contenu des bocaux est renouvelé tous les deux à trois jours et les invendus peuvent être achetés à moindre coût par les particuliers grâce à un partenariat avec l’application To Good To Go. Le Bon Bocal met un point d’honneur à respecter l’environnement et les donneurs d’ordres y sont très sensibles. «Le zéro-gaspillage et la traçabilité de nos matières premières sont les premiers sujets que les clients abordent lors d’un rendez-vous», soutient Julien Icard.

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