Une crise de la créativité dans les entreprises ?

A travers sa nouvelle étude, Steelcase dresse un constat peu flatteur des solutions encourageants la créativité des collaborateurs en entreprise, ceux-ci étant pourtant très demandeurs.

Non, la créativité n’est pas uniquement réservée aux métiers artistiques. Insuffisamment exploitée chez les salariés dans les entreprises, ceux-ci apparaissent même « frustrés » quant à la faible marge permise dans ce domaine, révèle une nouvelle étude Steelcase/Harris Interactive. Ainsi, plus de la moitié des collaborateurs français (57 %) déclarent qu’ils aimeraient être plus créatifs dans leur travail. Pourtant, les entreprises n’offriraient aux collaborateurs ni le temps suffisant, ni l’espace, ni les outils technologiques dont ils ont besoin pour être créatifs.

Dans son rapport « Steelcase Creativity at Work Report », le spécialiste du mobilier de bureau évoque bel et bien « une crise de la créativité », encouragée par plusieurs facteurs. Tout d’abord, la lourdeur du travail, de par les processus organisationnels (36 %) et la charge de travail (40 %), devant l’usage de technologies dépassées et des lieux de travail inadaptés. Le fossé générationnel est également vécu comme un frein, note Steelcase : « les jeunes générations ont des attentes plus élevées que les précédentes en ce qui concerne l’évolution du lieu de travail et les technologies ». En clair, les membres de la génération Y considèrent que leur lieu de travail n’inspire pas leur créativité (21 %) ; la génération Z estimant les technologies dépassées (28 %).

Aussi, pour la moitié des Français interrogés, être créatif représente aujourd’hui la capacité à trouver des solutions inédites. C’est aussi, à un même degré d’importance : savoir prendre des risques, oser s’exprimer et présenter ses idées d’une manière différente. « La créativité prend aujourd’hui une toute nouvelle importance au regard de l’avènement de l’Intelligence artificielle qui a déjà remplacé les humains pour certaines tâches plus opérationnelles. Les pessimistes y voient la cause de pertes d’emploi massives, tandis que les optimistes pensent qu’elles vont générer plus d’emploi qu’elles ne vont en remplacer », intervient Steelcase, qui propose 4 pistes pour doper cet atout. « Autoriser le droit à l’erreur », d’une part, pour que les salariés se sentent habilités à essayer quelque chose de nouveau, et ne pas avoir peur d’échouer. Mais aussi « mettre la créativité au cœur des process de l’entreprise », « créer une connexion émotionnelle entre les individus » ou encore « proposer une large palette d’espaces de travail »… autant de solutions pour accompagner l’homme dans son travail créatif.

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